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Eléments de la culture et de la tradition africaines

Un livre de Fako Kone

14.00 €




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Eléments de la culture et de la tradition africaines

Contes de la savane et Chansons de geste de dozos(1) chez le peuple Bambara-Malinké(2)

Deux Pratiques traditionnelles très anciennes chez le peuple Bambara-Malinké • Les circoncisions • Les alliances traditionnelles de concorde ou Sinangougnan

(1) dozos : chasseurs de talent (2) les bambaras-malinkés sont communément appelés en Côte d’Ivoire les « dioulas » qui signifie commerçants ou colporteurs

Le début du XXI siècle est caractérisé par les progrès incontestables des médias, des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Le raccourcissement des distances grâce aux moyens de la télécommunication et grâce aux vecteurs de transports terrestres, aériens et maritimes est à la hauteur de l’égarement de l’homme face à son environnement multidimensionnel, perdant toute maitrise philosophique et culturelle des vertus traditionnelles de l’histoire de l’humanité.

Les contes, les légendes, les chansons de geste et les pratiques moralisantes de la tradition perdent aussi de leur intérêt au profit des sciences fictions et des représentations audiovisuelles qui dépravent les mœurs. C’est pourquoi, il faut de temps en temps s’arrêter et s’interroger sur les tendances qu’épouse l’évolution de notre société moderne, fière d’elle-même mais également victime de son propre exploit scientifique et technologique. Autant le monde a développé les moyens de s’enrichir, autant il s’est embourbé dans les guerres et les conflits. Les peuples sont étouffés, essoufflés, appauvris, affamés et parfois anéantis par les mauvaises gouvernances de leurs dirigeants enivrés par le pouvoir.

En faisant l’éloge des traditions africaines, l’auteur suggère aux acteurs d’ouragans et de beau temps du continent africain de faire preuve de plus de modestie et de plus de sagesse en s’abreuvant aux sources des valeurs relationnelles et humaines que nous ouvre la tradition. Il ose même inviter nos intellectuels à plus d’effort de réflexion et à plus d’actions énergiques conjuguées afin qu’imprégnés de leur propre culture et de la diversité culturelle inhérente à la mondialisation, les peuples soient mieux conduits et mieux gouvernés dans la paix et dans une démocratie consensuelle.

Fatou Kone veut ici questionner ses acquis personnels en matière de contes, de chansons de geste de dozos (chasseurs traditionnels de talent) et en matière de pratiques traditionnelles telles que les circoncisions et les alliances de concorde entre familles, groupes de familles, ethnies et régions.

Dans les deux livres qui suivent, il propose aux honorables lecteurs désireux de diversifier tant soit peu leur culture, sa contribution à la revalorisation oh combien nécessaire de nos patrimoines traditionnels qui sont des éléments fondamentaux de la civilisation africaine.

Le livre Premier comporte deux volets dont le premier traite de onze contes de la savane et le second nous fait écouter et découvrir cinq récits pathétiques de chansons de geste de dozos ou chasseurs traditionnels de talent et de grande renommée .Le livre second présente deux pratiques traditionnelles à travers une campagne de circoncisions de 1952 dans son village natal et à travers les alliances traditionnelles de concorde ou « sinagougnan » dont la valeur inestimable a fait la fierté et l’entente dans nos sociétés africaines d’autrefois . Tous les deux livres sont puisés aux sources culturelles immensément riches d’Afrique et en particulier de la société bambara-malinké de la savane ivoirienne.

LIVRE PREMIER

Volet 1 : contes : Ils sont dits en général pendant les temps de loisir ou récréatifs et notamment la nuit et sont basés uniquement sur l’oralité. Les retrouvailles pour écouter les récits ont donc lieu le soir après les âpres travaux champêtres de la journée auxquels on donne une priorité absolue par rapport aux activités de divertissement. Ces retrouvailles donnent lieu à des causeries paisibles autour d’un feu de bois allumé dans l’âtre des cases au village et des hameaux au campement ou encore à la lumière d’une lampe électrique ou tout simplement au clair de lune. Les contes sont prisés par les gens de toutes les classes d’âge, mais disons le tout de suite, ce sont les enfants qui sont surtout passionnés et prompts à se regrouper autour des narrateurs. Ces derniers se mettent alors avec délectation à parler et à chanter avec art en ayant le souci constant d’impressionner leurs auditoires et leurs admirateurs. C’est une tradition que l’on rencontre dans la savane chez d’autres peuplades du pays. Les contes se terminent toujours par des messages ou des leçons de morale ayant une profonde portée universelle et sempiternelle. Il convient de prévenir ici le lecteur en disant que la logique scientifique et la rigueur philosophique peuvent difficilement s’appliquer aux contes tan disque la sociologie et la psychologie y trouvent matière à prospecter et à exploiter. Les héros et héroïnes se recrutent aussi bien parmi les humains que parmi les animaux et les végétaux. Les contes bénéficient des témoignages de tout l’environnement naturel (monts, rochers, forêts, rivières pour ne citer que ces éléments écologiques).Malgré leur vocation parfois satirique, les contes sont amusants, comiques et ou tragiques. Leur contenu pathétique ne peut laisser les lecteurs ou les auditeurs indifférents. Les provenances des contes sont chez le peuple bambara -malinké impersonnelles. Ils sont créés, puis amplifiés de manière exponentielle par l’imagination humaine. D’ailleurs, les conteurs n’annoncent-ils pas innocemment que leurs propos sont issus des branches d’un arbre d’à côté ?

Volet 2 : chansons de geste : Les chansons de geste de dozos sont racontées dans d’émouvants récits que j’ai attentivement écoutés et appris dans la société paysanne où l’on trouve de nombreux dozos (ou chasseurs traditionnels aguerris) dans la savane ivoirienne chez les bambaras-malinkés ; les dozos constituent une caste particulière que l’on rencontre depuis les côtes sud-africaines en passant par toute l’Afrique de l’ouest , l’Afrique centrale et orientale ; ils cultivent presque partout les mêmes mythes et les mêmes croyances voire les mêmes superstitions. Les chansons de geste de dozos sont chantées et récitées pendant les moments récréatifs et lors des funérailles de dozos (chasseurs) à la faveur de danses populaires de « ngoni » animées par les dozos eux-mêmes, dans la journée comme la nuit autour d’un foyer de lumière. Elles sont consacrées aux louanges des dozos célèbres dont on exalte les exploits et/ou les mésaventures tout au long des « ngonitrohn » de coji. Enrichis par les anecdotes de tous genres ; les récrits des chansons de geste des dozos ne se prêtent pas au raisonnement scientifique et à la rigueur philosophique alors qu’ils s’inscrivent facilement dans le cadre de l’interprétation sociologique et psychologique. Ils demeurent également des produits de l’imagination et de l’art oratoire des hommes et singulièrement des « ngonifôla » Le déroulement des chansons de geste des dozos à travers les récits est si touchant, si pathétique que l’on peut le confondre avec la réalité ; c’est ici que l’auditeur ou le spectateur marqué et parfois pétrifié n’hésite pas à prendre partie. Ici encore, les rapports des acteurs avec l’écologie donnent matière à analyser et à commenter en raison des désastres causés à l’environnement eu égard à l’extermination d’espèces d’animaux et à l’abattage de végétaux. Il me paraît important de diffuser au maximum ces récits en direction des autres castes sociales et surtout à destination de la jeunesse actuelle en perte de vitesse de nos traditions au profit de l’invasion irrésistible du monde moderne par les médias et les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

LIVRE SECOND : Deux pratiques traditionnelles très anciennes chez le peuple Bambara-Malinké

1-Les campagnes de circoncision :

Dans ce volet j’essaie de dépeindre avec le maximum de détails et de précisions, une pratique traditionnelle que j’ai moi-même vécue en 1952, celle d’une campagne de circoncisions dans mon village natal de Korondougou, dans le département d’Odienné en Cote d’ivoire. J’indique d’abord les catégories d’individus concernés pour désigner les candidats à la circoncision, tout en soulignant les conditions économiques et sociales favorables à l’organisation de la campagne de 1952 .Je décris par suite scène par scène, étape par étape, le déroulement d’une campagne complète de circoncision. Les circoncissions sont une pratique qui a encore cours de nos jours dans les villages de brousse même si leurs fréquences et leur intensité sont sapées par les exigences modernes en vigueur en matière médicale et sanitaire. Leur fondement n’est en rien entamé quand bien même dans les agglomérations urbaines, elles sont faites de plus en plus sous le contrôle d’agents agréés des centres hospitaliers et sanitaires. Les campagnes collectives sont réduites dans les villes à des cas isolés ou à de petits groupes de garçonnets. A vrai dire, les formes de la pratique, du point de vue de leur ampleur collective, sont en régression après l’avènement dans les années quatre vingt de la pandémie du VIH/SIDA et autres maladies sexuellement transmissibles, toutes choses qui justifient et confortent les politiques de prévention en la matière. Quant aux sessions d’excision des filles, quoique persistantes encore en Afrique, elles sont nettement en recul sous la pression des puissants lobbies de femmes et des sympathisants de la non mutilation des femmes. Droit de la femme oblige.

2-Vertus et place du sinangougnan

A propos des vertus et de la place du « sinagougnan » ou alliances traditionnelles de concorde. Le « sinagougnan » ou alliances traditionnelles de concorde, autrefois solidement enraciné chez la plupart des peuples africains est une pratique qui souffre aujourd’hui du mépris ou du peu de considération de la part des acteurs politiques, et, si nous n’y prenons pas garde, bientôt elle sera en voie de disparition. C’est le lieu de démontrer les avantages et le rôle prépondérant de la pratique assidue des alliances traditionnelles de concorde qui entretiennent en nous l’esprit de tolérance et de sagesse. Pour ma part, je rends sincèrement un vibrant hommage à nos grands écrivains et historiens noirs qui nous ont édifiés en mettant en exergue à travers leurs riches œuvres l’étendue et la profondeur de la culture africaine. Qu’il s’agisse de Camara Laye (Guinée), de Léopold Sédar Senghor chantre de la négritude (Sénégal), de CHEICK ANTA DIOP (Sénégal), AIME CESAIRE farouche pourfendeur au premier rang de la lutte anticolonialiste (Antilles), Hampaté BAH, éminent sage de la culture africaine (Mali), de Ky ZERBO professeur émérite d’histoire (Burkina Faso ), de Bernard DADIE écrivain (Côte d’Ivoire), Ahmadou KOUROUMA (Ivoiro-Guinéen) ou de Pierre KIPRE éminent historien (Côte d’ivoire), pour ne citer que ces quelques célébrités négro-africaines, tous nous exhortent à une véritable prise de conscience et à une parfaite connaissance de nous-mêmes, de notre histoire et de notre culture. Les lexiques Bambara-malinké indexés à chacun de mes textes m’ont été inspirés par l’éminent écrivain AHMADOU KOUROUMA qui s’est éteint en 2003 dans la maturité de l’âge de sagesse à soixante seize ans.

Lexique bambara-malinké

(1) n’goni = guitare à plusieurs cordes de dozos, genre de cora (2) n’gonitrohn = danse organisée par les dozos au son du n’goni (3) coji = ensemble des manifestations funéraires d’un dozo célèbre. (4) n’gonifola = le joueur de n’goni (5) sinagougnan = alliances traditionnelles de concorde.

Fako KONÉ

Le Capitaine de Vaisseau Major (colonel Major) à la retraite Fako KONÉ est né le 01/01/1946 à KORONOUGOU, sous Préfecture de Bako département d’Odienné en pleine région de savane. Très tôt pétri dans le milieu paysan de la culture traditionnelle bambara-malinké, il consolidera son frêle contenu natal au contact de l’école occidentale française à partir d’octobre 1953. En 1968, il obtient son baccalauréat scientifique (série C : mathématiques et sciences physiques). De 1968 à 1970, il prépare les grandes écoles d’ingénieurs en mathématiques supérieures et mathématiques spéciales. En septembre 1970, il intègre l’École Navale française de Brest après admission au concours direct. Sa carrière professionnelle d’officier de marine fut marquée par l’exercice de nombreuses fonctions à des postes de responsabilité importante. Après l’École Navale française à Brest (1970-1972) et l’École d’application des officiers Elèves autour du monde (campagne 1972-1973) à bord du porte hélicoptères Jeanne d’Arc, il a assuré : Quatre commandements à la mer de patrouilleurs et d’un bâtiment de transport léger de la marine nationale ivoirienne entre 1973 et 1984.
-  les fonctions de commandant de la marine nationale ivoirienne (chef d’état major de la marine) de 1983 à 1988. _les fonctions de Directeur Général de la société ivoirienne de transport maritime (SITRAM) société d’état, de 1988 à 1994.
les fonctions de conseiller technique/mer du ministre de la Défense ivoirien de 1995 à 1997
les fonctions de diplomate en tant qu’Attaché de Défense près l’ambassade de Côte d’ivoire en France de 1997 à 2002. Il a effectué plusieurs autres missions à l’étranger pour le compte de son pays et a suivi tout le long du déroulement de sa carrière des stages de perfectionnement de haut niveau. Ainsi le Capitaine de Vaisseau major Fako KONÉ est diplômé du Defence Language Institute de San Antonio au Texas en 1980 (option anglais à Lackland Airforforce Base), du Naval Ward College des Etats-Unis à Newport (Rhodes Island) en 1980 ; de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN) en France en 1984 et du Centre d’Etudes Diplomatiques et Stratégiques (CEDS) de Paris en 1999 (24, Avenue Marceau Paris 8è) avec soutenance d’un mémoire en vue du troisième cycle. Il est marié et père de huit enfants.

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