Le 24 juillet 2004

Compte-rendu du Colloque Menaibuc 2004

Ce premier Colloque International Kamit Menaibuc 2004 fut l’occasion de réunir une large palette de chercheurs, d’historiens et d’égyptologues panafricains venus des quatre coins du monde (Afrique, Caraïbes, Europe, USA) pour aborder avec le public présent, le thème de la création d’un enseignement transversal en Afrique noire et présenter leurs récents travaux de recherche.

Un public très nombreux et très assidu (la salle fut pleine durant les 3 jours) a donc suivi les 9, 10 et 11 juillet 2004, les exposés des intervenants. Chose particulière, de nombreuses personnes venant de l’étranger (Allemagne, Belgique, Suisse, Angleterre), des Caraïbes (Guadeloupe, Martinique) et de l’hexagone (Paris + province) avaient fait le déplacement à la Maison des Mines de Paris pour apprendre, découvrir, discuter et partager ensemble, ce moment inoubliable.

Dès le vendredi en guise d’ouverture du colloque, l’épouse du professeur Jeffries mis tout le monde en condition en faisant une remarquable libation aux ancêtres qui restera sans nul doute, dans les annales. Le professeur Jeffries posa alors les jalons du colloque à l’occasion du premier panel dédié au thème central. Il fut par la suite suivi par Jean Philippe Omotunde, Molefi Kete Asante, Aboubacry Moussa Lam et Mubabinge Bilolo. Si JP Omotunde insista sur l’atmosphère coloniale de l’implantation des écoles dans les anciennes colonies, AM Lam mis en avant les progrès accomplis par exemple au Sénégal, pour recentrer l’enseignement sur les réalités africaines tout en relevant les derniers obstacles sérieux qui se dressent encore sur le chemin de la constitution d’un programme pédagogique transversal reposant sur les humanités classiques africaines (formation des enseignants, manque d’outils pédagogiques...). M Bilolo et MK Asanté insistèrent tous deux sur la nécessité de rester confiant quant à la pertinence de cet axe et son caractère impératif. La mobilisation des fils et filles du continent mère est donc nécessaire dans cette entreprise car c’est évident que la création du sentiment d’unité, passe par sa mise en chantier à travers le programme scolaire.

Le samedi fut encore un jour clé du colloque. Trois panels (Sciences et Techniques, Historiographie des religions monothéistes et Egyptologie) ont rythmé une journée qui fut fort riche en raison des exceptionnelles communications des intervenants, tels Dior Martin, Gervais Hokpounou, Christian Velpry, Christian Montbrun, Doumbi Fakoli, Pierre Nillon, Mubabingue Bilolo, René-Louis Etilé, Aboubacry Moussa Lam et Oscar Pfouma.

Mr Montbrun exposa son expérience de conservateur de musée, Dior Martin valorisa l’esprit d’initiative dans un contexte culturel, G. Hokpounou mis en évidence la nécessité de retranscrire les concepts scientifiques en langue africaine en prenant l’exemple du Sango et C. Velpry dévoila ses investigations sur l’origine africaine du mathématicien Euclide. Par la suite, un panel dédié aux origines des religions monothéistes d’une remarquable érudition tenu par D. Fakoli, P. Nillon et M. Bilolo mis le public en haleine. Il fut suivi par le panel Egyptologie durant lequel AM Lam dévoila les liens plus qu’étroits entre l’Egypte et l’Afrique d’aujourd’hui (preuves à l’appui). O Pfouma invita le public à apprendre à lire les hiéroglyphes en traduisant en direct une stèle et R.L Etilé insista sur cette démarche en prenant le public à témoin à travers des cas précis.

La sortie au musée du Louvres organisée le dimanche matin dépassa allègrement les espérances des organisateurs. Non seulement le public était massivement présent mais pour la plupart, ce fut leur première visite rendue au département dédié aux antiquités égyptiennes. "On se croirait vraiment en Afrique" lancèrent nos visiteurs en découvrant les vestiges de Kemet (l’Egypte).

L’après-midi, en guise de clôture du colloque, L Jeffries, MK Asante, JP Omotunde et A Mazama (à travers un texte adressé aux organisateurs) animèrent un panel inoubliable sur l’Afrocentricité (ses buts, sa philosophie et sa pertinence). Les intervenants en profitèrent pour dédicacer leurs nouveaux ouvrages parus aux éditions Menaibuc :

-   L’origine africaine des religions dites révélées (D. Fakoli)

-   Euclide l’Africain (C. Velpry)

-   L’habitation Murat C. Monbrut

-   La traite négrière européenne : vérité & mensonges (JP Omotunde)

-   Les larmes du soleil (O Pfouma)

-   From Imhotep to Akhenaton (MK Asante)

-   L’impératif afrocentric (A Mazama)

-   Mystification sur les tombeaux de rois (RL Etilé)

-   Le Sahara ou la vallée du Nil (AM Lam, en cours de finition)

-   La méthode ARTE (G. Hokpounou, en cours de finition)

Sans oublier l’événement du colloque : le lancement de la nouvelle revue de Menaibuc Afrik@raïbes Magazine, dédiée à l’histoire scientifique du monde noir (prix de vente 3 euros). On en reparlera sur le site.

En fin de journée, un questionnaire distribué au public permirent aux organisateurs d’apprécier leur immense satisfaction d’avoir participé à ces 3 jours et d’avoir même quelques suggestions pour l’an prochain. Seul le trafic routier parisien est venu perturber un peu le colloque en créant quelques retards sur le programme initial en raison des intervenants que les organisateurs devaient récupérer à leur hôtel ou à l’aéroport. Mais dans l’ensemble, pour une première, ce fut encourageant.

Tous les intervenants furent eux-aussi, très touchés et très ravis de voir tant de monde s’intéresser à l’histoire scientifique du continent, à leurs ancêtres et aussi prêts à relever les défis que nous réserve l’avenir. Un DVD du colloque et des Actes seront très bientôt mis à la disposition du public... En attendant, les organisateurs vous remercient tous pour votre chaleureuse présence et vous donnent rendez-vous l’an prochain, durant la première quinzaine du mois de juillet 2005.

Hotep !

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